Issue des arts appliqués, j'ai évolué vers une pratique artistique qui interroge les modes de création et de production de notre société. Je me
suis alors naturellement dirigée vers le papier face au tout numérique. Le papier est précieux tout en étant traité comme un déchet inutile. Il survit,
cependant, comme unique trace quand les problèmes techniques interviennent. Journaux, magazine, vieux livres, sont alors devenus ma matière.
Leur disparité de couleur, de grammage, de texture intervient à un moment spécifique de la création. Mes créations naissent d'une page de papier
qui devient boule intense. Ayant peu d'armature (je n'habille pas un squelette), j'établis un équilibre entre la densité du papier et une constante
recherche de mouvement. J’élève au niveau poétique une matière résiduelle du système économique qui me permet de «Dire» mon rapport au
monde. L’animal, le corps, le mouvement, la mélancolie, le cynisme, les excès de notre société sont passés aux cribles à travers mes mains qui,
inexorablement refaçonnent les mots qui deviennent miens.Ces mots (maux) ainsi enfermés seraient alors comme les reliquats d'une histoire que
l'on pourrait réinventer.
Bois, fer, acier, matériaux nobles et vivants, ont participé à cette envie de formes ET ce besoin de créations diverses et variées s'était déjà révélé très tôt chez moi :
Donner libre cours à son imagination afin de "matérialiser une idée" en 3 dimensions] projection de vie devenue durant toutes ces dernières années, plus qu’un souhait : UN BUT.
Autodidacte, Très ouvert à toute rencontre avec l'art appliqué, c'est là que s'ouvre pour moi un nouvel univers. A l’âge où l’on dépose les armes professionnelles... Le facteur temps devenu un assistant inconditionnel et sans contrainte, la recherche d’une forme, d’un objet, d’une idée s’est mise en marche et ponctue depuis mon univers de rêverie.
J’utilise fer et acier, parfois bois, matériaux bruts et également de récupérations dénichés dans mes incessantes recherches créatives. C’est à la forge que je martèle, soude, ponce, donnant ainsi cours à l’imagination tout en respectant mon sujet, si souvent animé par mes délires.
Donner vie à la matière en la façonnant, en " la dérivant" de sa destination initiale - demeure une source d'épanouissement
J’y puise là le bonheur de la création.
Dès lors, le challenge sans cesse à renouveler, intervient la notion de partage. À la rencontre d’un public curieux et généreux, j’expose.
Entrée gratuite